[article]
| Titre : |
Les filières ovines à la croisée des tensions climatiques, sanitaires et géopolitiques |
| Type de document : |
Article |
| Année de publication : |
2020 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Note de contenu : |
Le confinement le plus strict est arrivé au pire moment pour la viande ovine, handicapant lourdement la consommation festive au moment des Pâques chrétiennes et juives et du début du Ramadan. Cependant, toute la filière française s’est mobilisée pour éviter le stockage sur pied d’agneaux qui auraient rapidement été dévalorisés… Mais au prix d’une baisse des cours avant les fêtes pascales.
Les effets de la pandémie de COVID-19 sont évidemment mondiaux, affectant tous les flux internationaux. Elle a accentué les mouvements de fond antérieurs : un manque d’offre dans le monde, surtout en Océanie, de très loin la principale source de viande ovine, face à un appétit chinois toujours en hausse malgré la crise, si on en croit les statistiques d’importation des premiers mois de 2020.
L’Europe avait déjà fortement baissé ses importations en 2019 (-21% /2018) et rien n’indique une inversion de tendance en 2020. Malgré cela, les deux principaux fournisseurs intra-UE ont augmenté leurs expéditions l’an passé, notamment le Royaume-Uni qui a largement perturbé les marchés continentaux, et français en particulier, au printemps 2019. Les effets délétères des palinodies sur le Brexit pourraient à nouveau se faire sentir dans les prochains mois.
La production française de viande ovine s’est pourtant globalement bien tenue en 2019, et il devrait encore en être de même cette année. La crise pourrait même être une occasion pour l’agneau français de regagner de la place tant dans la GMS que dans la restauration, particulièrement collective, dont l’approvisionnement est essentiellement importé…
La collecte de lait de brebis en 2018/2019 s’est un peu repliée après 5 ans de progression. Les fabrications étaient en hausse en 2019, en se diversifiant notamment vers l’ultra-frais. Il est de même pour les exportations malgré une forte chute vers les Etats-Unis, le Roquefort étant une victime collatérale des tensions commerciales avec l’UE. En 2019 la sécheresse a souvent nécessité des achats supplémentaires d’aliments, en outre plus chers, et le prix des agneaux était en baisse presque toute l’année. Cela explique la dégradation des revenus de la plupart des systèmes ovins. Dans les réseaux INOSYS, beaucoup ne rémunéreraient les éleveurs que moins de 20 k€ par UMO, et l’érosion est nette depuis 3 ans.
En 2019, seuls les ovins + cultures, les producteurs de la zone Roquefort et surtout les pastoraux ont tiré leur épingle du jeu. Cette faiblesse des revenus pose un vrai problème d’attractivité des métiers des filières ovines, voire de re-conception de certains systèmes, alors que les négociations de la future PAC et d’accords de libre-échange avec l’Océanie sont sources de nouvelles incertitudes.
SOMMAIRE
02 Les faits marquants de l'année 2019
Conditions de production, offre, demande, prix...
06 Le lait de brebis en France et en Europe
Une collecte française en repli sur la campagne 2018-2019
10 La viande ovine en France
La cotation de l'agneau français en recul, subissant indirectement les effets du Brexit
16 La viande ovine dans l'Union européenne
Baisse de la consommation européenne en 2019
24 La viande ovine dans le monde
Malgré la baisse des exportations océaniennes, les envois vers la Chine progressent
28 Revenus des exploitations françaises
- Spécialisées ovins viande : fourragers intensifs ; herbagers ; pastoraux
- Ovins viande et grandes cultures
- Ovins viande et bovins viande
- Ovins laitiers : livreurs du bassin de Roquefort ; livreurs des Pyrénées-Atlantiques
38 Perspectives 2020
Vers une baisse de la consommation en France ? |
in Dossier économie de l'élevage (Le) > 509 [01/05/2020]
[article] Les filières ovines à la croisée des tensions climatiques, sanitaires et géopolitiques [Article] . - 2020. Langues : Français ( fre) in Dossier économie de l'élevage (Le) > 509 [01/05/2020]
| Note de contenu : |
Le confinement le plus strict est arrivé au pire moment pour la viande ovine, handicapant lourdement la consommation festive au moment des Pâques chrétiennes et juives et du début du Ramadan. Cependant, toute la filière française s’est mobilisée pour éviter le stockage sur pied d’agneaux qui auraient rapidement été dévalorisés… Mais au prix d’une baisse des cours avant les fêtes pascales.
Les effets de la pandémie de COVID-19 sont évidemment mondiaux, affectant tous les flux internationaux. Elle a accentué les mouvements de fond antérieurs : un manque d’offre dans le monde, surtout en Océanie, de très loin la principale source de viande ovine, face à un appétit chinois toujours en hausse malgré la crise, si on en croit les statistiques d’importation des premiers mois de 2020.
L’Europe avait déjà fortement baissé ses importations en 2019 (-21% /2018) et rien n’indique une inversion de tendance en 2020. Malgré cela, les deux principaux fournisseurs intra-UE ont augmenté leurs expéditions l’an passé, notamment le Royaume-Uni qui a largement perturbé les marchés continentaux, et français en particulier, au printemps 2019. Les effets délétères des palinodies sur le Brexit pourraient à nouveau se faire sentir dans les prochains mois.
La production française de viande ovine s’est pourtant globalement bien tenue en 2019, et il devrait encore en être de même cette année. La crise pourrait même être une occasion pour l’agneau français de regagner de la place tant dans la GMS que dans la restauration, particulièrement collective, dont l’approvisionnement est essentiellement importé…
La collecte de lait de brebis en 2018/2019 s’est un peu repliée après 5 ans de progression. Les fabrications étaient en hausse en 2019, en se diversifiant notamment vers l’ultra-frais. Il est de même pour les exportations malgré une forte chute vers les Etats-Unis, le Roquefort étant une victime collatérale des tensions commerciales avec l’UE. En 2019 la sécheresse a souvent nécessité des achats supplémentaires d’aliments, en outre plus chers, et le prix des agneaux était en baisse presque toute l’année. Cela explique la dégradation des revenus de la plupart des systèmes ovins. Dans les réseaux INOSYS, beaucoup ne rémunéreraient les éleveurs que moins de 20 k€ par UMO, et l’érosion est nette depuis 3 ans.
En 2019, seuls les ovins + cultures, les producteurs de la zone Roquefort et surtout les pastoraux ont tiré leur épingle du jeu. Cette faiblesse des revenus pose un vrai problème d’attractivité des métiers des filières ovines, voire de re-conception de certains systèmes, alors que les négociations de la future PAC et d’accords de libre-échange avec l’Océanie sont sources de nouvelles incertitudes.
SOMMAIRE
02 Les faits marquants de l'année 2019
Conditions de production, offre, demande, prix...
06 Le lait de brebis en France et en Europe
Une collecte française en repli sur la campagne 2018-2019
10 La viande ovine en France
La cotation de l'agneau français en recul, subissant indirectement les effets du Brexit
16 La viande ovine dans l'Union européenne
Baisse de la consommation européenne en 2019
24 La viande ovine dans le monde
Malgré la baisse des exportations océaniennes, les envois vers la Chine progressent
28 Revenus des exploitations françaises
- Spécialisées ovins viande : fourragers intensifs ; herbagers ; pastoraux
- Ovins viande et grandes cultures
- Ovins viande et bovins viande
- Ovins laitiers : livreurs du bassin de Roquefort ; livreurs des Pyrénées-Atlantiques
38 Perspectives 2020
Vers une baisse de la consommation en France ? |
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