[article]
| Titre : |
Dossier annuel bovins viande : Année 2023, perspectives 2024 |
| Type de document : |
Article |
| Année de publication : |
2024 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Catégories : |
[Motbis 2025] économie [Motbis 2025] filière bovine [Motbis 2025] perspective
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| Note de contenu : |
2023 a été d’une certaine manière une année d’absorption des chocs débutés en 2022. L’inflation, qui touchait surtout en 2022 les produits énergétiques puis alimentaires, s’est propagée dans le reste de l’économie et a affecté la demande des consommateurs. La baisse de consommation de viande bovine est significative en 2023 : -3,7% en France et - 2,9% en UE. Même chronologie du côté de l’offre : après un coup d’accélérateur en 2022, qui s’expliquait par la sécheresse et la hausse brutale des coûts, la décapitalisation s’est rapprochée du rythme tendanciel des 7 dernières années.
Les éleveurs ont nettement moins réformé de vaches en 2023 qu’en 2022. Pour la deuxième année consécutive, le repli de l’offre est conséquent en gros bovins (-4,1%). Les taurillons ont mieux résisté, grâce à des mises à l’engraissement plus dynamiques en 2022-2023. Ce mouvement conjugué à des naissances en contraction conduit à un net repli des exportations de broutards (-7%). La production de veaux continue elle aussi de diminuer (-6%), les départs en retraite non remplacés et la demande atone ayant conduit à limiter les mises en place.
Les cotations des gros bovins, qui avaient fortement progressé en 2022, ont plafonné une bonne partie de 2023. Le prix moyen pondéré des gros bovins abattus progresse de seulement 4%. Les conformations les moins élevées, en vaches comme en JB, se sont érodées en fin d’année, tout comme les prix des broutards.
La résolution progressive des tensions sur les marchés des matières premières ne s’est pas traduite par un repli des charges en élevages en 2023. L’IPAMPA viande bovine est stable en moyenne sur l’année, seules les charges de carburants se replient. Les charges de structure sont en hausse notable, en particulier le coût des investissements matériels. Selon nos estimations, les revenus des éleveurs sont donc en sensible repli : ceux des naisseurs spécialisés sont en baisse moyenne de -13% à -16%, les naisseurs-engraisseurs de JB enregistrent une baisse de -21% et les producteurs de veaux sous la mère -28%. Les polyculteurs-éleveurs accusent en outre la baisse des prix des cultures de vente, et leurs revenus s’effondrent (de -57% à -76%) après une bonne année 2022. La mise en œuvre de la nouvelle PAC aura aussi impacté les revenus des éleveurs. Selon nos estimations, la baisse cumulée des aides découplées et couplées occasionnerait une baisse des aides PAC versées aux éleveurs de -4% à -10%.
En 2024 l’inflation aura certainement moins d’effets. Nous tablons sur un quasi-maintien de la consommation (-0,5%), et une baisse des abattages plus modérée qu’en 2022 et 2023 (-1,2%), non loin des estimations de la Commission pour l’ensemble de l’UE (-1,0%). Une nouvelle fois, la robustesse de la demande et les conséquences de la décapitalisation conduiront à un probable rebond des importations. Pas de rupture en vue non plus dans la dégradation du solde commercial...
- Les faits marquants de l'année 2023
- Le marché des gros bovins en France
- Le marché des gros bovins en Europe
- Le marché des broutards français
- Les revenus des exploitations françaises
- Le secteur du veau
- Les prévisions 2024 |
in Dossier économie de l'élevage (Le) > 546 [01/01/2024]
[article] Dossier annuel bovins viande : Année 2023, perspectives 2024 [Article] . - 2024. Langues : Français ( fre) in Dossier économie de l'élevage (Le) > 546 [01/01/2024]
| Catégories : |
[Motbis 2025] économie [Motbis 2025] filière bovine [Motbis 2025] perspective
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2023 a été d’une certaine manière une année d’absorption des chocs débutés en 2022. L’inflation, qui touchait surtout en 2022 les produits énergétiques puis alimentaires, s’est propagée dans le reste de l’économie et a affecté la demande des consommateurs. La baisse de consommation de viande bovine est significative en 2023 : -3,7% en France et - 2,9% en UE. Même chronologie du côté de l’offre : après un coup d’accélérateur en 2022, qui s’expliquait par la sécheresse et la hausse brutale des coûts, la décapitalisation s’est rapprochée du rythme tendanciel des 7 dernières années.
Les éleveurs ont nettement moins réformé de vaches en 2023 qu’en 2022. Pour la deuxième année consécutive, le repli de l’offre est conséquent en gros bovins (-4,1%). Les taurillons ont mieux résisté, grâce à des mises à l’engraissement plus dynamiques en 2022-2023. Ce mouvement conjugué à des naissances en contraction conduit à un net repli des exportations de broutards (-7%). La production de veaux continue elle aussi de diminuer (-6%), les départs en retraite non remplacés et la demande atone ayant conduit à limiter les mises en place.
Les cotations des gros bovins, qui avaient fortement progressé en 2022, ont plafonné une bonne partie de 2023. Le prix moyen pondéré des gros bovins abattus progresse de seulement 4%. Les conformations les moins élevées, en vaches comme en JB, se sont érodées en fin d’année, tout comme les prix des broutards.
La résolution progressive des tensions sur les marchés des matières premières ne s’est pas traduite par un repli des charges en élevages en 2023. L’IPAMPA viande bovine est stable en moyenne sur l’année, seules les charges de carburants se replient. Les charges de structure sont en hausse notable, en particulier le coût des investissements matériels. Selon nos estimations, les revenus des éleveurs sont donc en sensible repli : ceux des naisseurs spécialisés sont en baisse moyenne de -13% à -16%, les naisseurs-engraisseurs de JB enregistrent une baisse de -21% et les producteurs de veaux sous la mère -28%. Les polyculteurs-éleveurs accusent en outre la baisse des prix des cultures de vente, et leurs revenus s’effondrent (de -57% à -76%) après une bonne année 2022. La mise en œuvre de la nouvelle PAC aura aussi impacté les revenus des éleveurs. Selon nos estimations, la baisse cumulée des aides découplées et couplées occasionnerait une baisse des aides PAC versées aux éleveurs de -4% à -10%.
En 2024 l’inflation aura certainement moins d’effets. Nous tablons sur un quasi-maintien de la consommation (-0,5%), et une baisse des abattages plus modérée qu’en 2022 et 2023 (-1,2%), non loin des estimations de la Commission pour l’ensemble de l’UE (-1,0%). Une nouvelle fois, la robustesse de la demande et les conséquences de la décapitalisation conduiront à un probable rebond des importations. Pas de rupture en vue non plus dans la dégradation du solde commercial...
- Les faits marquants de l'année 2023
- Le marché des gros bovins en France
- Le marché des gros bovins en Europe
- Le marché des broutards français
- Les revenus des exploitations françaises
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