[article]
| Titre : |
Neurosciences. Du neurone à la pensée |
| Type de document : |
Article |
| Année de publication : |
2026 |
| Langues : |
Français (fre) |
| Note de contenu : |
Visite guidée avec GPS
Nos connaissances progressent en ce 21e siècle. Elles permettent de comprendre un peu mieux ce qu’est vraiment un cerveau humain. Et aussi ce qu’il n’est pas, à savoir un gros ordinateur ! Rappel : notre cerveau ne pèse qu’un kilo et demi, mais consomme un cinquième de notre énergie. Derrière ses circonvolutions, une armée de neurones, de câbles et de messagers chimiques orchestre la pièce la plus ambitieuse, la vie mentale. Si la matière grise est le centre de traitement des informations, la matière blanche est le réseau qui assure leur coordination et leur intégration à travers le cerveau. Trop méconnues mais aussi nombreuses que les neurones, les cellules gliales stabilisent le système nerveux. Quant aux neurotransmetteurs, ils sont aussi variés et spécialisés que les zones cérébrales. Pour ne pas se perdre dans le cortex, une mise à niveau s’impose !
À la lumière des neurosciences
Mémoire, émotions, relations… Rien ne marche comme on le croit, c’est ce que découvrent chaque jour des neuroscientifiques du monde entier. Par exemple, le chercheur Antonio Damasio remet à sa place notre conscience, objet de tant de fierté : elle n’est ni le propre de l’homme ni le sommet de l’évolution. Elle ne se situe même pas dans le cortex et se résume au sentiment d’être vivant ! Stanislas Dehaene décrypte l’immense aptitude à apprendre chez le jeune enfant, Delphine Oudiette montre que pendant le sommeil, le cerveau carbure toujours, mais avec d’autres messages chimiques, d’autres priorités et un autre langage que pendant l’éveil… Les fonctions que nous considérons comme les plus hautement humaines dépendent de notre cerveau, encore plus plastique qu’on le supposait, et aussi du cerveau des autres, dont la présence agit sur nous.
Les sujets qui fâchent
En neurosciences comme ailleurs, tout ce qui brille n’est pas or. À la faveur de l’intérêt croissant pour les mystères du cerveau, on voit se développer quantité de « neuromythes » : nous n’utiliserions que 10 % de nos capacités cérébrales, les artistes auraient un hémisphère droit dominant, on n’apprendrait bien qu’en dormant. L’imagerie du cerveau impressionne le grand public, même quand elle ne prouve rien. Et on espère toujours que la recherche nous permettra d’élucider ce qui fait la trame de l’humanité : l’amour, la violence, l’idéologie, le masculin, le féminin, les neuroatypies, l’abstraction, le génie… Mais est-il raisonnable de tout attendre de la biologie et de tout expliquer par elle ? Sans jeter la science avec l’eau du bain, prenons garde aux promesses excessives et aux raccourcis dangereux. |
in Sciences Humaines Les grands dossiers > 82 [01/03/2026]
[article] Neurosciences. Du neurone à la pensée [Article] . - 2026. Langues : Français ( fre) in Sciences Humaines Les grands dossiers > 82 [01/03/2026]
| Note de contenu : |
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Nos connaissances progressent en ce 21e siècle. Elles permettent de comprendre un peu mieux ce qu’est vraiment un cerveau humain. Et aussi ce qu’il n’est pas, à savoir un gros ordinateur ! Rappel : notre cerveau ne pèse qu’un kilo et demi, mais consomme un cinquième de notre énergie. Derrière ses circonvolutions, une armée de neurones, de câbles et de messagers chimiques orchestre la pièce la plus ambitieuse, la vie mentale. Si la matière grise est le centre de traitement des informations, la matière blanche est le réseau qui assure leur coordination et leur intégration à travers le cerveau. Trop méconnues mais aussi nombreuses que les neurones, les cellules gliales stabilisent le système nerveux. Quant aux neurotransmetteurs, ils sont aussi variés et spécialisés que les zones cérébrales. Pour ne pas se perdre dans le cortex, une mise à niveau s’impose !
À la lumière des neurosciences
Mémoire, émotions, relations… Rien ne marche comme on le croit, c’est ce que découvrent chaque jour des neuroscientifiques du monde entier. Par exemple, le chercheur Antonio Damasio remet à sa place notre conscience, objet de tant de fierté : elle n’est ni le propre de l’homme ni le sommet de l’évolution. Elle ne se situe même pas dans le cortex et se résume au sentiment d’être vivant ! Stanislas Dehaene décrypte l’immense aptitude à apprendre chez le jeune enfant, Delphine Oudiette montre que pendant le sommeil, le cerveau carbure toujours, mais avec d’autres messages chimiques, d’autres priorités et un autre langage que pendant l’éveil… Les fonctions que nous considérons comme les plus hautement humaines dépendent de notre cerveau, encore plus plastique qu’on le supposait, et aussi du cerveau des autres, dont la présence agit sur nous.
Les sujets qui fâchent
En neurosciences comme ailleurs, tout ce qui brille n’est pas or. À la faveur de l’intérêt croissant pour les mystères du cerveau, on voit se développer quantité de « neuromythes » : nous n’utiliserions que 10 % de nos capacités cérébrales, les artistes auraient un hémisphère droit dominant, on n’apprendrait bien qu’en dormant. L’imagerie du cerveau impressionne le grand public, même quand elle ne prouve rien. Et on espère toujours que la recherche nous permettra d’élucider ce qui fait la trame de l’humanité : l’amour, la violence, l’idéologie, le masculin, le féminin, les neuroatypies, l’abstraction, le génie… Mais est-il raisonnable de tout attendre de la biologie et de tout expliquer par elle ? Sans jeter la science avec l’eau du bain, prenons garde aux promesses excessives et aux raccourcis dangereux. |
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